FAQ

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Zétérinaires sans jamais oser le demander !

 
 

*ces questions sont celles posées par notre consoeur DV Tanit Halfon lors de l’interview que le Collectif Zétérinaires a accordée à la Semaine Vétérinaire du 4 mai 2019.

 

Le collectif Zétérinaires dénonce la « #fakemed ». De quelle médecine parlez-vous ? Que lui reprochez-vous ?*

La « fakemed » ou pseudo-médecine représente l’ensemble des pratiques et « traitements » se revendiquant comme apportant un bénéfice sur la santé animale ou humaine en l’absence de preuve scientifique d’efficacité et d’innocuité. Cette absence d’efficacité prouvée est la base des reproches que nous pouvons exprimer.

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Sur quoi vous basez-vous pour dire qu’il y a une intrusion des pseudo-sciences dans la profession vétérinaire ?*

Depuis plusieurs années déjà, nous sommes surpris de l’exposition flatteuse donnée aux pratiques non éprouvées – voire contestées – lors de petits comme de grands rassemblements vétérinaires. Le fait que certaines formations afférentes recueillent l’agrément du programme de points de formation continue nous a fortement interpellés à l’heure où de nombreux pays font marche arrière sur le sujet. Parallèlement sur les réseaux sociaux, des questionnements techniques sur l’homéopathie ont fleuri avec très peu d’étonnement ni de contradiction. Il en va de même dans les journaux professionnels comme en témoigne le récent article sur les Fleurs de Bach dans votre journal. Nous en avons d’ailleurs fait une critique ici.

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Pouvez-vous définir la « vraie » médecine ?*

La médecine factuelle est la seule qui permet la remise en question permanente des connaissances : il n’y a pas de « vraie » médecine vétérinaire, il y a la médecine vétérinaire. Sa définition est à ancrer dans son époque et ses progrès. Au XXI° siècle, la médecine vétérinaire – ses bonnes pratiques et ses traitements – doit être fondée sur des preuves scientifiques. Le code de déontologie nous oblige à mettre nos connaissances à jour ainsi qu’à l’honnêteté envers nos clients. Il y a une autre base légale : tout nouveau médicament doit disposer d’une AMM démontrant entre autre son efficacité. Pourquoi le médicament homéopathique bénéficie-t-il d’un régime spécifique l’exonérant de cette partie ? 

→ Art R242-35 du Code Rural : « [Toute communication] doit être loyale, honnête et scientifiquement étayée. Elle ne doit pas induire le public en erreur, abuser sa confiance ou exploiter sa crédulité, son manque d’expérience ou de connaissances.»

→ Art R242-61 : «Le vétérinaire doit tenir compte dans l’exercice de ses fonctions des données actuelles de la science.»

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Le collectif Zétérinaires s’inspire-t-il d’autres collectifs ?*

Les bases de notre collectif avaient déjà été jetées dès juin 2017 mais à l’époque iI n’avait pas été possible de concrétiser une action. Le mouvement #Fakemed en médecine humaine a été bienvenu, il montre que le sujet est transversal dans les professions de santé. Cette bonne surprise a contribué à nous donner l’énergie nécessaire pour fonder le collectif Zétérinaire. Actuellement, à part des relations cordiales sur les réseaux sociaux et des contacts personnels, il n’y a aucun lien formel entre les différents collectifs.

Un nombre croissant de vétérinaires praticiens pratiquent des médecines complémentaires, que ce soit de l’homéopathie, de la phyto-aromathérapie, de l’acupuncture ou encore de l’ostéopathie. Et témoignent de bons résultats dans la gestion de certains cas cliniques, en complément ou pas de thérapies classiques. Les considérez-vous comme des « fakevet » ou charlatans ? Quel message voulez-vous faire passer à ces praticiens ? Seriez-vous favorable à l’arrêt voire l’interdiction des formations sur toutes ces pratiques…et donc à l’arrêt tout court de leur usage en médecine vétérinaire ?*

Nous n’employons pas le terme « charlatan » parce que celui-ci implique qu’il y aurait une volonté manifeste de tromper son patient à des fins d’enrichissement, ce qui n’est certainement pas le cas de la majorité des vétérinaires utilisateurs de ces pratiques. Notre collectif n’a pas légitimité à juger nos pairs, c’est la raison de notre interrogation de l’Ordre National des Vétérinaires, seul garant de la qualité des prestations vétérinaires. Par ailleurs, si nous ne demandons pas l’interdiction d’usage, nous sommes très réservés sur le cautionnement de pratiques non éprouvées par leur agrément dans le système de points de formation continue ou leur inscription dans les programmes officiels de certains Certificats d’Etudes Approfondies Vétérinaires (CEAV) par exemple.

 

Ne craignez-vous de scinder la profession en deux entre ceux/celles qui proposent des médecines complémentaires et ceux/celles qui ne le proposent pas ?*

Nous ne craignons en aucun cas de scinder quoi que ce soit parce que notre démarche appelle au contraire au rassemblement autour de valeurs communes, clairement définies par notre cursus universitaire de nature scientifique et confirmées par la Loi via le Code de Déontologie, lesquelles valeurs justifient que les contribuables français financent notre formation initiale et contribuent à notre formation continue. Si un fossé se creuse, il faut interroger du côté des organismes privés ou associatifs de formation continue ayant encouragé ou permis une notoriété au bruit de fond homéopathique en lui offrant une crédibilité dans leurs programmes et congrès, place désormais officialisée insidieusement par des agréments. Nous posons une question qui semble interpeller un certain nombre de vétérinaires, nous ne sommes responsables ni de cet état de fait ni de la réponse.

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Ne craignez-vous pas d’être visés par des plaintes pour non confraternité comme cela s’est passé chez les médecins ?*

Une interrogation et une introspection de certaines pratiques dans notre profession doivent-elles conduire à des dépôts de plaintes ? Ce serait saugrenu et sans pertinence. En quoi serait-il non confraternel de poser des questions de nature scientifique et concernant l’adéquation de nos pratiques avec nos engagements déontologiques ?

 

Certains remettent en cause la méthodologie employée pour évaluer ces médecines, qui serait inadaptée notamment car la médecine complémentaire s’inscrit dans une médecine individualisée. Difficile dans ce cas de comparer un groupe « traité » avec un groupe non traité, vu que le traitement n’est pas forcément le même pour chaque patient. Qu’en pensez-vous ?*

C’est effectivement le meilleur moyen de ne pas être évalué à l’aune de critères scientifiques robustes, l’argument classique des pseudo-sciences et sa définition : la non adhésion à la démarche scientifique. Nous entendons cet argument mais dans ce cas, comment alors différencier telle ou telle pratique de la képhrénologie, du pendule ou de la sorcellerie – qui elles aussi peuvent revendiquer une méthodologie propre ? De plus dans toute pratique médicale, le traitement est individualisé, cela n’est pas l’apanage des pseudo-sciences : posologie, voie d’administration, durée de traitement, gestion des effets secondaires…

 

Certains propriétaires peuvent être demandeurs de cette médecine, par exemple du fait d’un échec de la médecine «classique». Que leur répondre ?*

Nous comprenons la détresse des propriétaires pour lesquels la médecine échoue sur leurs animaux : elle doit être prise en compte par tous les praticiens. À chaque fois, il faut s’interroger sur la justesse du diagnostic avant de parler de traitement. Quand le diagnostic est établi, un échec thérapeutique doit surtout inciter le praticien à proposer de faire appel à des confrères spécialistes, c’est tout l’intérêt du maillage des compétences vétérinaires. Parfois même il n’y a pas de solution et l’exercice le plus difficile est alors de pouvoir l’annoncer, exercice tellement difficile que la tentation peut être grande de proposer des « alternatives » sans danger. Nous remarquons que les médecines alternatives ne sont pas toujours dénuées de danger lorsqu’elles retardent un diagnostic ou la mise en place d’un traitement qui fait l’objet d’un consensus scientifique. La solution réside d’abord dans une communication transparente avec le propriétaire : savoir dire ce que l’on a compris du cas et ce qu’on n’en comprend pas. De même qu’un vétérinaire faisant un anti-inflammatoire symptomatique alors qu’il n’a pas forcément trouvé la pathogénie de l’affection qu’il traite, les praticiens de médecines alternatives devraient éclairer les propriétaires sur le fait qu’aucune explication rationnelle n’ait été donnée pour les justifier. Un certain nombre de propriétaires sont maintenant “antivax”, pour autant devons-nous céder à cette pression ? Notre rôle de soignants est d’expliquer et de protéger.

 

Vous avez envoyé un courrier à l’Ordre vétérinaire dénonçant la promotion de l’homéopathie, et souhaitez que cette pratique soit reconnue comme non fondée sur la science. Pourquoi visez-vous seulement l’homéopathie ? Comptez-vous faire d’autres courriers/pétitions ? *

L’homéopathie représente un sujet d’interrogation mondiale pour les autorités sanitaires. À raison selon nous. De nombreux pays ont déjà statué sur son sort en médecine humaine comme en médecine vétérinaire. Notre profession ne peut, ne doit pas se soustraire à ce débat et d’autres pratiques mériteront d’être discutées. Notre profession ne manque pas de compétences scientifiques, la qualité des premiers signataires de notre lettre ouverte nous donne grand espoir pour la suite. Si vous êtes vétérinaire et souhaitez nous rejoindre activement, cliquez ici !

 

Ne craignez-vous pas de donner une mauvaise image de la profession vétérinaire en laissant en libre accès à vos pages Facebook et Twitter ?*

Bien au contraire, donner l’image d’une profession qui s’interroge sur la qualité scientifique des soins que ses membres proposent nous semble être tout à fait opportun. Nous espérons que les organismes de formation associatifs et privés dont les sites internet sont parfaitement ouverts au grand public se poseront eux aussi la question de l’image qu’ils renvoient au public.

 

Quelle est la différence entre un signataire de la pétition et un membre du Collectif ?

Un signataire de la pétition peut être vétérinaire ou non. Il apporte par sa signature son soutien au message proposé par les Zétérinaires. Un membre du Collectif Zétérinaire est un vétérinaire qui s’engage dans cette action en participant à tout ou partie des travaux.

 

Que risque-t-on en signant la pétition ?

Vous risquez de faire partie des précurseurs d’une petite révolution interne . Blague à part, cette lettre ouverte ne comporte aucune mention pouvant être sujette à litige. De plus, votre signature est un soutien et non une appartenance au Collectif Zétérinaire. Néanmoins, si le cœur vous en dit, il reste de la place et du travail. Vous pouvez nous contacter ici pour rejoindre le Collectif.

 

Qui sont les non-vétérinaires qui ont signé votre pétition ?*

D’abord, remarquons la mobilisation de 314 vétérinaires signataires à ce jour et ceci dans une vaste diversité d’activités (praticien, chercheur, inspecteur de santé publique, étudiant, retraité…) parmi lesquels on note déjà plus d’une vingtaine d’enseignantes et d’enseignants des ENV, chercheurs soutenant notre démarche. Pour les autres, quand ils n’ont pas précisé leur activité, nous n’en savons pas plus que vous. La liste complète des signataires est en ligne.

 

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Peut-on inviter des amis en partageant le lien de la pétition ?

Bien sûr !! N’hésitez pas !