Non, notre profession n’est pas (plus) scientifique !

Par zeteditor

Pourtant au début du siècle dernier, tout commençait bien, nos grands anciens donnaient leur nom à des bacilles ou œuvraient à éradiquer des maladies mortelles. Plus récemment et de façon un peu brouillonne, nos pères, dans les campagnes, gagnaient la bataille contre les rebouteux, les toucheurs et autres empiriques.

Aujourd’hui nous comptons des chercheurs, des internistes, des pathologistes, des orthopédistes aussi brillants les uns que les autres. Même le fleuron de la formation vétérinaire moderne se targue d’organiser « le plus grand congrès scientifique des vétérinaires pour animaux de compagnie. »

Mais alors que s’est il passé en ce début de XXI° siècle?

Aujourd’hui le bacille le plus populaire des homéopathes est l’oscillocoque (qui n’existe pas), les formations de toucheurs affichent complet et « le plus grand congrès scientifique des vétérinaires » accueille régulièrement des pseudos médecines.

La parole est désormais décomplexée autour de ces pratiques. Il est de bon ton d’avoir « l’esprit ouvert », d’être admiratif devant les témoignages de guérison miraculeuse suite à la prise de granules ou à la levée d’un blocage viscéral par effleurement cutané vibratoire. Les compléments alimentaires à la mode, les médecines énergétiques, l’absorption de bourgeons et tant d’autres thérapeutiques similaires qui, en humaine, alimentent les gros titres des magazines de salle d’attente, font maintenant partie de notre formation continue.
Est-ce l’abus des fruits de Bacchus qui nous a fait régresser vers les Fleurs de Bach?
Malheureusement la réponse est moins sympathique et constamment rabâchée par tous les intervenants. Cette réponse contient invariablement les notions de « demande croissante de nos concitoyens », de « conserver notre place dans un secteur convoité » ou « si nous ne le faisons pas, d’autres le feront ». Ainsi par le silence coupable de l’ensemble de nos instances – voire avec leur complicité – notre diplôme scientifique est sacrifié sur l’autel du corporatisme et de la santé économique de nos entreprises.
Donc non, notre profession n’est plus une profession scientifique !

Est-ce l’abus des fruits de Bacchus qui nous a fait régresser vers les Fleurs de Bach?

Malheureusement la réponse est moins sympathique et constamment rabâchée par tous les intervenants. Cette réponse contient invariablement les notions de « demande croissante de nos concitoyens », de « conserver notre place dans un secteur convoité » ou « si nous ne le faisons pas, d’autres le feront ». Ainsi par le silence coupable de l’ensemble de nos instances – voire avec leur complicité – notre diplôme scientifique est sacrifié sur l’autel du corporatisme et de la santé économique de nos entreprises.

Donc non, notre profession n’est plus une profession scientifique !