Les arguments douteux : n°6, le médiator®

Par zeteditor
médiator®
En décembre 1999, Laurent Puech rédigeait un article dans le numéro 240 de science et pseudosciences, sur une liste de 13 arguments régulièrement utilisés par les adeptes des pseudosciences pour justifier leur croyance et le rejet des arguments de leurs détracteurs. Nous allons reprendre son travail et l’adapter aux pseudo-médecines, en particulier dans le monde vétérinaire, et compléter la liste d’arguments dans une série de courts billets.

L‘argument n°6 : le médiator®. Soit l’argument médical des fautes ou erreurs de la médecine.

Le médiator® a tué, le solumédrol® n’est plus utilisé dans les hernies discales, etc. La médecine fait des erreurs ou subit des fraudes, qu’elle reconnaît ! Par un raisonnement tordu, on essaye d’associer les erreurs de la médecine à une médecine d’erreurs.

La pseudo-médecine prétend représenter une « alternative », ou de façon plus policée un atout « complémentaire », arguant qu’elle ne serait pas dangereuse. En omettant la toxicité de certaines plantes ou la perte de chance des techniques placebo notamment…

Cet argument est un faux dilemme. Il veut laisser croire qu’il n’y aurait que deux choix, la toxicité du traitement médical ou l’innocuité du traitement pseudo-médical. Heureusement, les traitements médicaux sont la plupart du temps efficaces et non toxiques. La pharmacovigilance permet de surveiller en permanence leurs dangers, les effets adverses. Par dessus tout, lorsqu’ils sont connus, les risques de certains sont sans cesse évalués en rapport avec les bénéfices attendus pour le patient.

La science évolue en permanence. Les erreurs, imprécisions ou approximations sont identifiées par les contributions de scientifiques de tous horizons qui publient et soumettent leurs hypothèses et travaux à la communauté scientifique. Le fait même que des médicaments comme le médiator® ou d’autres soient ré-évalués puis finalement proscrits est un exemple du caractère auto-correcteur de la médecine scientifique.

Parce qu’il existe erreur et remise en cause permanente, il s’agit de science et pas de croyance ! Pendant ce temps, certaines disciplines dogmatiques refusent précisément toute remise en cause, parfois depuis des centaines d’années…

Argument n°5

Crédit photo : Wikipédia